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Ailen

 

Ailen est née à Lille, mais se fixe plus tard en Haute Savoie pour oublier les grisailles du Nord..
Enfant, elle se perd dans le désert des années 40, et s'y brûle,mais y puise toutes ses richesses qui ne la quitteront plus ; elle sait que ces instants sont presque privilégiés et que d'autres n'auront pas eu cette drôle de chance de les avoir connus ; c'est à cette époque qu'elle commence à dévorer les livres, curieuse de tout , comme elle aime à le dire souvent.
Préférant aux longs romans les essais et les nouvelles, elle jette tout naturellement son dévolu sur la poésie qui la charme comme une petite musique ; elle aime, entre autres, Cadou, Roy, Cocteau, Vian , Reverdy.
Elle entre en poésie, comme on dit, et s'y implique activement en participant à une émission poétique sur RCF Haute Savoie.
Ses vers trés attachants et d'une grande sensibilité se retrouvent un peu partout sur le Net, ce qui lui donne l'opportunité de nouer de solides amitiés.
" Je crois que j'écris parce que j'aime, tout simplement. Pas seulement écrire. Non j'aime... Tout court ", dit-elle.

Recueil de poèmes  : " Sur mon arbre " paru en 1993
Nombreuses pubications sur le Web, chez Jean-Pierre Rosnay, à Ecrits..Vains...


 

 

 

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L'oiseau beige

 

Quand échappée de mon sommeil
j'ai entrouvert mes yeux brûlants

un oiseau était dans ma chambre
dans la solitude du vent

Blanc
juste teinté d'un peu de beige
Neige
juste teintée d'un peu de sable

Ma pupille caressait ses plumes
y déposait un peu de brume

Mon rêve parlait liberté
plaignait ces ailes enfermées

Et l'oiseau se tenait si loin
craignait la chaleur de ma main

Transi , il restait immobile

J'ai regardé vers la fenêtre
j'ai vu les rideaux la voiler

Et d'un pas très lent j'ai marché
j'ai soulevé la mousseline
j'ai ouvert la vitre tout grand

invité l'oiseau à partir
dans le fleuve embaumé du vent

Nous étions tous deux immobiles
peu à peu mon coeur se serrait

Et j'ai pleuré

                             Ailen

 

 


 

 

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Soupirail

 

Regard levé vers le soupirail
regard tendu d'angoisse
Il guettait le souffle du vent
et seules les semelles qui martelaient la terre
envoyaient une poussière d'oxygène
en écrasant les cailloux blancs de ses espoirs

Regard levé vers le soupirail
regard tendu d'angoisse
il essayait de penser à autre chose
à autre chose qu'à ce reflet de brise tiède
à autre chose qu'à ce souvenir d'atmosphère

Souvenir de présence

Et
quand il pensait
son souffle

...
s'amenuisait encore

Regard levé vers le soupirail
regard vacillant
Il voyait les scintillements de son illusion
s'embrumer pâlir

et leur lueur plâtrée
devenait humide glacée
dans le sanglot d'une seule larme

Dernière larme

Regard levé vers le soupirail
regard trempé d'angoisse
qui creusait son coeur comme une pierre tiède
jusqu'au vertige d'un lac de chagrin

qu'il eût voulu artificiel
qu'il eût voulu...

Sourire de politesse vague.

                                              Ailen

 


 

 

 

 

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NUIT D'UN POETE

 

Au fur et à mesure que les mots noirs
se posaient sur la virginité de la feuille,
derrière le poète
son ombre grandissait.

Complicité de la plume assoiffée,
du coeur encrier,

Du coeur qui s'allégeait de ses douleurs écrites
du coeur qui palpitait de ses amours tracées

Devant l'âme
sur la table de chêne rongé
dans l'eau du verre bleu
aux lueurs de la lampe,
se dessinaient
les yeux
les fleurs
la terre...

Et les gouttes de pluie sur la vitre d'en face
étaient autant de larmes qu'il n'avait pas pleurées.

                          Ailen

 


PIANO SOUVENIR

 

Que me restera-t-il de la couche fragile
d'un souvenir de neige évanoui au printemps ?

Restera-t-il un chant de source toute neuve
un torrent de mes larmes
son écho dans mes nuits,

Un printemps de pétales
sans l'espoir d'un seul fruit ?

Que me restera-t-il de la trace d'un doigt
sur la touche si blanche
où chante mon amour !

Je m'accroche à ces cordes
j'écoute leur mémoire
je leur vole l'écho
de ta voix trop aimée.

Le piano si noir
brille de quelques mots
qui ne sont qu'un poème

...Pour ne pas t'oublier

                Ailen

 


 

 

 

 

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LIED

 

Pause, d'abord, qui te repose,

Paupière ouverte doucement
Juste pour une demi-pause

A ton réveil fleure un soupir
De ton coeur las de s'assoupir.

Une noire juste un instant
Annonce ces demi-soupirs
Que tu retiens à quatre temps.

Une série de doubles croches
Rapides s'essoufflent un peu
Alors tu ralentis le jeu.

Un quart de soupir le relance
D'une ronde s'envole un cri
Comme un hymne offert à la vie

Des triolets qui vagabondent
Trèfles libres portent la chance
En trois huitièmes de soupir

Tu bégayes pour les seizièmes
Bouscules les mots du poème

Quadruples croches dans ton coeur
Voudraient multiplier les heures

                  Ailen

 



  Corrida

Corrida.jpg (9838 octets)

 


 

J'étais dans la foule

je regardais le taureau

Je souffrais à sa place

mon regard s'égarait

Quand mon sang a frémi sous les banderilles

Je connaissais le matador

il me battait tous les soirs

Il arrachait mes jupons de soleil

et je mourais toujours......

                                                  Ailen

 


 

 

                                        

 

 

 

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