BUCOLIQUES
Les champs se perdent à la limite des
brumes,
L'hiver oublie, pour l'été, sa longue amertume.
Des formes indistinctes quêtent l'or du
sol,
Liant la paille sur la terre... dos courbés.
Les moissons les invitent, comme les mariés,
A la fête. Elles offriront leurs maigres oboles
Elles agiteront des lumières, troubleront le silence
Où s'endort la fatigue ensoleillée du labeur.
L'epi ne penchera plus son poids de
souffrance
Son coeur égrené fera toilette dans le batteur
Chassant les balles aux vents joyeux,
Les grains se tapiront dans les sacs de jute.
Et cliqueront les verres des besogneux
Et chanteront les voix enrichies d'une flûte
Et souperont les ombres en camaïeu.
Et le soir, endormis au creux des étoiles,
Se figeront les rêveurs des frêles instants
Jusqu'à l'aube, où timidement se dévoilent
Les champs encore inconstants.
La fête à son tour s'endort...
Les pas marquent la rosée
Se hâtant dans l'aurore
Vers les masures dorées...
François Rivals
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