Ceux qui furent
Il y avait le temps
inviolable
Il y avait l'espace
incongru
Sous les forêts dévastées
Les incendies d'apocalypse
Les déluges incroyables
Et ce peu de sel
perdu dans les sédimentsIl y avait les hommes
à la résonance exclue
de l'echo fraternel
sur les angles morts
des grottes moisiesDepuis qu'ils ne parlent plus
le langage multiple des bêtes
Les hommes
ont pris la pierre à témoin
l'ont ciselée de leurs mots
anfractuosités
à livre ouvert
sur l'alchimie du verbe
Ils ont marié la terre et l'eau
et fait monter l'herbe et le grain
Ils n'ont plus craint le feu
qui sous leurs paupières
anime les premières flammes
du souvenir
Ils ont levé les yeux au ciel
au delà du soleil et des étoiles
pour décrocher une conscience
et peser le pour ou le contreIls pensent
Ils psalmodient
Ils rient
Ils pleurent
Ils aiment
Ils tuentIls articulent entre frères
de nouvelles paroles
qu'ils gravent sur la pierre
en images et pâles lueurs
Première arche de mémoire
sur les flancs des cavernesFrançois Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles