Champ d'épines
Tu allais, légère, avec ton cri d'oiseau
Si pointu qu'il en perçait le fond du ciel
Le soleil flottait en pétales sur ta robe
Tu semblais courir bien trop vite
Après ce qui t'avait souri
Tu allais, légère, vers cette clairière
Sous les tonnelles de l'allée des futsPieds nus, tu ameutais les filets d'herbe
M'entraînant sur ton petit nuage
Où dansaient en rond les heures figées
Jusqu'à glisser au fond de ces ronciers
Entremêlés de griffes rougies du sang
De la sublime enfance torturéeJamais nos mains n'ont lâché prise
Quand s'accrochaient nos âmes
Dans ce berceau serré d'épines
Jamais nos lèvres ne se sont tues
Qui mâchonnaient un brin d'amour
A l'ombre des mots inextricables
Nous ramassions une branche rouge
Que l'on rendait à la terre ferme
Dans son abri de fin du monde
Là où commence l'autre chemin
La route blanche qu'on ne voit pasNous sommes revenus après l'hiver
La branche d'ici n'était plus là
Les noeuds de neige l'avaient brisée
Nous étions face à l'évidence
Je te prenais doucement la main
Celle d'une enfance qui s'achève...Souviens-toi de la ronce
Sans éparpillements de lumière
Où s'échouent tant de barques
Chargées du premier sel...François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles