Tu souriais encore
Et pourtant tu ne riais plus,
Va savoir...
Tu avais les yeux si bleus,
Si clairs et transparents
Et tu voyais si peu,
Va comprendre...
Quand tu es tombé
Je n'ai pu te relever,
Tu étais si lourd
Comment se fait-il ?
Je te croyais si léger,
Va l'expliquer...
Le lendemain tu ne t'es pas levé,
Tu n'as pas voulu m'en parler.
Le matin pour toi était de trop
Mais tu semblais lui sourire.
Tu n'écoutais plus ce que je disais
Ni n'entendais dehors
Les explications des merles
Qui auraient bien pu se taire
Sur leur tapis vert de soleil,
Ni l'agacement de cette abeille
Prise entre le tulle et la vitre
Qui n'avait guère de choix,
Tout comme toi
Elle ne s'en releva pas,
Ni la voiture de la poste, en bas,
Qui stoppa dans la poussière
Comme toujours
A cette heure
Au seuil de ta maison.
Tout paraissait trés simple,
Rien n'avait tremblé dans la pièce,
Les revues sur la table basse
Brillaient d'argent à la lumière,
Derrière toi passaient les heures,
Et les meubles attendaient...
Il fallait te quitter à présent,
Aller voir ailleurs.
Tu m'avais laissé ton sourire
Pour le remerciement.
Je te laissais mes fleurs
Qui jamais ne faneront.
François Rivals
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