
L'étang meurtrier
Sur l'eau immobile de
l'étang
Flottent de plats nénuphars.
Un homme se cache dans les roseaux
Un autre plus loin guette l'oiseau.
Ils complotent par moments à voix basse
Chuchotée comme sur les bancs de l'école.
La forêt reflète encore les pâleurs de la lune
A travers l'enchevêtrement des branches
Faisant des dentelles sur le tissu des ombres.
Un bruissement soudain et l'oiseau mouillé
Semble catapulté depuis le fond des eaux
Il crie on ne sait trop pour quelle frayeur
Et file comme un obus lunaire vers le ciel,
Le coup parti dans les roseaux a claqué sec
L'oiseau criblé déroule sa spirale d'argent
Et tombe en mourant dans l'eau maternelle.
Vient le temps des fossoyeurs bottés
Qui brassent des nuages de limon séculaire.
Il ne restera qu'une plume inconnue
Bercée par la nappe des lenticules
La forêt a perdu un enfant de plus
Qui ne se cachera pas pour mourir..
Le temps abolit dans
l'instant
Les ailes de l'espace...
François Rivals
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Poésies et aquarelles