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Graine d'érable
Quand le vent commence à sauter d'arbre en arbre
C'est toute les frondaisons qui se mettent à frémir
Jusqu'au jardin où semble se déverser la mer
Tant la tramontane ronfle a la cime des pinsRevient le soir où s'effondre la lumière
C'est l'instant du signe perçu dans la pénombre
L'air devient presque pesant quand au vent menu
Une graine d'ange s'évade de l'érable en dansant
Heureuse de retrouver la terre maternelle
Aussi légère qu'un enfant, les pieds nus dans l'herbe
Qui rend incertains les flancs de notre maison
Fantôme d'un bâtiment aux multiples croisières
Chaque soir accroché à notre port nocturne Là sous l'arbre muet reviennent les années
Où le miroir terni de ce monde à l'envers
Renvoie les chemins de la première lumière.
A travers les vitres closes où se brise la lune
On croyait même entendre de jeunes paroles
Portées par le chuchotement des pipistrelles
Ou le souffle des martinets au ras des prés. L'incohérence du vieillard n'affectait plus son âme
Seul demeurait l'enfant-roi trônant sous l'érable
La vie après n'apportait plus la joie naissante
Mais une barque chargée de regrets et d'espoirs. Ceux qui pensaient, les bras repliés sur le soir
Semblaient éveillés par la douce béatitude
D'harmonies indistinctes d'un piano séculaire
Q'une jeune fille frôlait les yeux levés au cielCelle qui voulait être plus légère que ses doigts
C'est ainsi que certains soirs d'été
S'envolait avec les silences et les soupirs
Précédés d'arabesques en guise de collier
Rafraîchissant les ombres sous l'érable endormi.
Où la vie prend son temps sous les arbres
Une mélodie simplement perdue
Recompte les heures de l'âge d'or.François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles