
Impressions
Une ombre noire tressaute dans les herbes
c'est mon chien qui dort et rêve
on dirait les vibrations d'une aube
délivrée de la pesanteur
jouant de secrètes couleurs
Quelle heure peut-il bien être ?
Le temps a-t-il changé d'horaires ?
Que les murs de la maison bougent
balancés par les ombres du tilleul
jetées d'un chaud soleil qui s'en moque
n'éclaircit guère mon esprit
J'allais dire : c'est sûrement midi !
Mais le chien là-bas m'invite au silence
Absurde, impensable, ce temps désarticulé...
Je ne crie pas, et crois alors entendre
le fin murmure de mes âmes mortes
ciselé en paroles déssèchées
montant du val des enfants
Mon chien continue de trembler
ému par l'agonie des rumeurs
qui sont chants d'oiseaux rares
chants d'oiseaux tombés morts
morts pour qui ? morts pour quoi ?
pour le pays de leur envol
pour l'horizon défié un grand soir
morts pour rien, morts pour tout
malades de mourir, ces bien-aimés ?
Cette apparence dans l'herbe douce
serait-elle une île aux trésors oubliés ?
Mon chien est là qui se souvient
je n'y aurais jamais songé
Quel mystère parfois nous entoure
et fait naître de fugitifs instants
glissant sur le dos d'un vieux chien
entre la nostalgie des fougères !
Les oiseaux ont tant survolé
ces longs chemins d'enfance
espaces et temps d'errance
mêlant nuits et printemps
François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles