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La vie à ciel ouvert

 

 

Quoi qu'en pense le ciel
Le frère de la terre marche
Le long des raies du labour 
Et voit dans le miroitement du soc
La lueur rebelle qui change le jour
.

Il n'est qu'une simple parole
Des mots nus désarticulés
Pour ses boeufs exténués.

La terre se mêle dans la confusion
Multipliant les sillons prometteurs
A l'encontre des heures
Sous la fatalité du jour.

Bientôt le feu envahit l'horizon
Le frère de la terre achève le sillon
Et regagne l'angoisse des portes
Là-bas où tremblent les murs
Quand la vie insensée se demande
D'où peut bien venir le vent
Qui peut l'emporter en silence.

Demain, à portée de lumière
Quand planeront les buses
Il ouvrira d'autres sillons
Sans trop savoir encore
D'où vient le vent
Qui creuse l'étoffe des épis.

Demain, après les neiges d'antan
Les fils de la terre viendront
Avec leurs modernes aiguillons
Tracer de nouveaux sillons
Aux aléas des jours aveugles.

Demain, de multiples lèvres vertes
Les pieds dans la mousse d'argile
Prendront langue avec la terre
Pour mimer les primevères
Qui porteront la bonne nouvelle

De la vie à ciel ouvert...

François Rivals

 

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