
L'enfant sous la lune
La fée Lumière ne fit plus
les rayons,
Trop fatiguée par son hypertension,
Lasse d'assurer l'éclairage des couloirs
Elle papillota et plongea dans le noir.
L'enfant au lit n'avait plus
que la lune
Pour rêver, collé à son papier peint
Où des fleurs bariolées de raies brunes
Dessinaient de beaux monstres marins.
Sa chambre, il ne la reconnaissait plus
Qui semblait un grosse bulle de ciel pâle
Où naviguaient des images farfelues,
Et retrouvait en ses jouets diaphanes
L'illusion qui le fit jeune poète
Pour une autre nuit et un autre monde.
Ses petits soldats sonnaient
la trompette,
En preux chevaliers sur la table ronde,
Ils luttaient contre de valeureux Celtes,
Des épées tournoyaient en flamboyant,
Et les animaux de la ferme en fête
Criaient et se mêlaient aux combattants.
Les belles poupées de sa soeur Anne
Ne voyaient rien poudroyer des cieux
En robes blanches elles dansaient la sardane
Insouciantes du terrible Barbe-Bleue.
L'enfant bientôt vint à manquer
de lune
Quand l'aube ferma les portes de la nuit,
Il vit soudain l'ascension de la brume
Qui devançait le jour sans aucun bruit.
Et la Lumière fut,
Pour l'enfant déçu !
François Rivals
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Poésies et aquarelles