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Le regard
Il ya quelque chose en ton regard
d'une lumière tranquille
que ne déssille aucun bruit
Il s'aveugle de silence
s'accroche à l'espace
et à ce qui le surpasse
De son immobilité naît
la necessité du calme
Il y eut des jours et des nuits
à frôler ainsi ce blanc silence
créant un lien à notre solitude
Est-ce la fin de la grande neige
Avant la nouvelle saison
Habile à peindre les couleurs
Sur les bois mous et dénudés
Ainsi que la chanson nouvelle
De l'enfant qui s'agrippe à l'espace
Croyant boire la sève du soleil ?
Mais disais-tu l'enfance
se quitte en robe blanche
qui ne froisse les fleurs des champs
que pour trouver naufrage
dans l'ignorance des limbes
où la lumière s'enfonce
C'est bien la dernière neige
qui brise les vieux bois
heureux de s'immoler
à la blancheur d'un paradis
Dans l'inconsistance d'un jour
le peuplier ne frissonne plus
faute de vent
Dans l'inconsistance des jours
L'enfant n'est plus porté aux nues
Ni offert à la lumière accueillante
faute de la parole
Le regard s'amincit aux choses
qui à l'ombre s'entremêlent
Des mains frêles tressaillent
sans pouvoir les atteindre
prêtes à s'abandonner
avant de prendre la pose
ouvertes sur l'autre rive
où frémit le silence...
Un rayon de lune éclaire le regard
Dehors à travers la brume
on dirait qu'il fait froid
François Rivals
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