Il faudrait une échelle
Pour monter jusqu'aux mots
Les gravir ligne à ligne
Et lire au-delà des marges
Les rimes du temps passé,
Observer une minute de silence
A n'entendre que le bruit
Des ailes d'un vent de nuit
Qui râlait sous les ponts,
Rejouer les aubes rompues
Au bout des nuits de houle,
Déplier les déserts de papier
Piqué de flaques bleues
Où brillaient nos soleils.
Et la neige habilleuse
De ces mots suspendus
Qui sans elle étaient nus,
A-t-elle cicatrisé
Ces blessures de bois morts ?
S'il n'était qu'amertume
A feuilleter nos vieux livres
Permettez qu'on oublie
Nos plumes et nos papiers
Pliés comme des bateaux
Naufragés de l'écume
Et qu'à recommencer
Le printemps nous revienne.
François Rivals