Peintre, tu ouvres tes
yeux pour rêver.
Devant toi l'ombre n'a pas de mystères
Et tu la renouvelles avec une couleur
Que je n'ai pu voir sous les branches.
Tu récoltes les fruits
multiples de la terre
Que capte ta pensée qui en donne l'image,
Tu t'expliques seul avec l'instant du jour
Et suspends les oiseaux et le cours du ciel.
Les villages et même les
bruits des vallées,
Les ruisseaux aveuglés, l'enfant dans les prés,
Se transmuent par la grâce de ta lumière,
Metamorphoses reprises à l'heure brève
Où tu retrouves ces
glissements d'horizons
Que la chute du jour avait pu brouiller.
A la pointe des pinceaux ta vérité se révéle
Et les choses vivent dans un autre miroir .
As-tu jamais osé peindre la
nuit noire
Où ne serait qu'un grand rectangle vide ?
Non, je t'ai toujours vu voler la lumière
Et la mettre sur le dos d'un autre monde.
Les jours pour toi
prennent la pose
Où tu sais les remercier
Sur tes toiles immobiles..