Réveil de la terre
Le matin, j'ouvre grand les volets bleus
Sur l'espace qui m'est encore inconnu
Et je ne regrette rien de la nuit
D'où je viens, pour tant de vives lumières.
Je crois bien que là-bas tout se consume
Le soleil grignote pied à pied les terres grises
On dirait même qu'il déplace les montagnes
Tout en décrochant ce morceau de lune
Trainant encore à demi dans le ciel.Je passe en revue les armées de l'aube
La tenue du ciel, les habits des champs
La nouvelle mise en plis des oliviers
Echevelés par le premier mistral
Je cherche les odeurs que porte le vent
Et je réflèchis comme un paysan....De grandes flaques de soleils mouillés
Recouvrent au loin les langues de terre basse
Qui se rassemblent en autant de mers closes
L'esprit et la force naissent des brumes
Fumerolles montant de la terre argentée
Où piétine un groupe de taureaux
Consentant à dresser leurs cornes d'or
Qui déjà médisent des fiers matadors.Il est déjà sept heures dans l'éternel.
Ces jours d'été chaque fois recommencés
Métamorphosent tous les matins du monde
Et je pense aux yeux tristes des taureaux
Au manque de pluie sur les tuiles sèches
A l'horizon toujours indéchiffrable
Que je dois résoudre comme un paysan...François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles