
Rêve en douce
Une rue étroite menait au cimetière
La nuit vivait encore un peu avec le jour
Une aube bruineuse dansait à pas obliques
sous les halos orangés des réverbères.
Du plus loin que l'on pouvait voir,
Une silhouette avancait probablement...
Plus brillante que les flaques d'argent,
Plus scintillante sous chaque luminaire.
Nos pas se firent plus proches
jusqu'à se confondre sans reproche,
déjouant le tic-tac du métronome.
Juste un instant, et ce fut l'éternité:
Nos regards s'étonnèrent en silence
de la clarté des tréssaillements de joie
dans les mots qui encore se souviennent.
Ses yeux plus limpides que l'eau bleue
paraissaient immenses,
et de leur profondeur
naissait la bonne lumière.
Le bonheur à deux n'avait plus d'âge,
Ainsi qu'une barque sans rivages
Où s'endorment les rameurs
Pour les siècles des siècles.
Plus tard, les griffures du temps
ternirent la brillance des étoiles.
La plus belle qui avait saisi mon regard
partait vers d'autres galaxies.
Je ne voyais plus vibrer sa lumière
dans le désert des pierres blanches.
Ses cheveux d'or filaient dans les comètes
Et le profil radieux de la première heure
Se perdit dans les eaux de mes rêves.
Lointaine fut ici l'aube du signe
Une constellation naît et tout se perd
en si peu d'éternité.
Copyright © 1999- François Chavanne-
Poésies et aquarelles