Terre oubliée
Je reviens
D'une terre aveugle où il n'y a
Ni pêché, ni rédemption,
Ni mal, ni bien auquel on rêve.Je reviens
D'une cité blanche au sol pauvre
Où ne brûle qu'un long soleil.
Même dans la maison de Dieu
Regne une chaleur d'enfer.
Les ruelles fuient sur les pavés
Sans âmes qui vivent.
L'architecte d'ici a fait vivre
La ville de personne
Celle des frontons chauffés à blanc
Plus hauts que l'apparence
Celle des façades muettes
Devant le poids de l'exil.Au loin dans les rocailles vibrantes
Je crois voir une vie égarée,
Des mules ou des chèvres remâchent
Les herbes sèches, sans pâtre, ni chien.
Leurs flancs battent à perdre haleine
Comme des drapeaux de mer.J'ai peine à penser
Que la misère a creusé la terre,
Agencé l'inertie de la matière,
Soufflé la cendre et la poussière
Dans un espace sans conscience.
Ce n'est qu'un crépuscule
Aux mille oiseaux endormis,
Un simple oubli de Dieu.François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles