Voyage vers la lumière
Perdus du levant au couchant,
Serrés sous les voûtes où il fait noir,
Les hommes ne disposaient plus du temps
Qui sournoisement oeuvrait
Contre toute espérance et toute joie.
La lumière du monde ne leur était perçue qu'en rêve
Leurs yeux clos cherchaient le ciel.Ils sont partis loin ailleurs,
Là où tout peut commencer
Il ont marché vers de vieilles terres.Leurs pas se sont heurtés au granit noir
Ont glissé le long de puissants fleuves de sable.
Passé l'enfer des pierres sèches,
Ils ont buté sur une planète à peine refroidie
Ils en avaient rêvé dans les images
Et ils en rêvaient encore davantage
Dans les combes de montagnes de lumière
Aussi lisses que le dos des baleines
Offrant leurs vastes flancs au soleil
Ou aux ailes bleues de l'ombre.
Ils allaient de berceaux en berceaux
Portés par les vagues de sable.
L'impensable naissait entre le ciel et les dunes
Là où les mots se nouent dans la gorge
De ceux qui ne savent pas exprimer
Ce qu'ils cherchent dans le désert du temps...Le silence mystique de blancs arbustes
Qui se nourrissent de sable éternel,
Les animalcules qui rayent l'étoffe de sable
Et savent vivre en s'offrant le feu du ciel,
La démarche saccadée des gazelles célestes
Attentives sur la tranche dorée des crêtes
Pareilles à une suite d'éclats solaires.Ils se laissaient prendre aux pièges de sable
A la recherche du désir le plus dépouillé
Oubliant les armes, les villes défaites,
Pour atteindre l'immense
Au pied de pyramides illuminéesConnaissance d'une autre rive
A recomposer l'azur...François Rivals
Copyright © 1999-2000- François Chavanne- Poésies et aquarelles