Marie-Jeanne Maes

Marie-Jeanne Maes nous écrit, de sa Bourgonne, des contes merveilleux. Mais par delà le plaisir de raconter il y a celui de faire passer un message polysémique qui se découvre plus ou moins selon le degré d'attention du lecteur ; interprétations initiatiques, humanistes, philosophiques... à chacun de s'y retrouver, et, en parfaite conteuse, elle nous laissera sur nos interrogations.
Tout est raconté simplement, avec une sympathique et authentique fraîcheur.

 

 

Contes en forme de poèmes

 

 

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Le jardin extraordinaire

 

Elles étaient toutes assises à table. La salle était comble.
C'était un repas sans saveur ni surprise, comme la plupart des repas qui suivent des réunions de travail. Elles parlaient de tout et de rien.

Marie, perdue dans ses pensées, finit par ne percevoir que de loin en loin le brouhaha des voix,
quand brusquement sa voisine de droite, se penchant vers elle, lui confia d'une voix presque
inaudible :
" C'est trop douloureux pour moi de parler de mon passé ! mais si je devais le faire un jour,

c'est à vous que je m'adresserais ! "

La dame qui venait de prononcer ces propos ne pouvait savoir que Marie, qu'elle avait choisie,
avait été initiée depuis sa plus petite enfance à reconnaître la vraie porte qui mène aux jardins
secrets.

Marie savait que l'on n'y pénètre que sur invitation.
Que l'accès en est si étroit que l'on ne peut y entrer qu'avec sa seule âme d'enfant.

Et le temps passa.

A l'approche de Noël un projet mené à bien les fit se retrouver face à face devant un café
fumant. Elle s'accordèrent un moment de conversations. C'est alors que la dame renouvela
son invitation. Marie se tenait prête.

La dame lui montra une porte. Très grande.
Il y avait d'innombrables cadenas.
Elle se mit à les ouvrir, un à un, péniblement.
Marie remarquait qu'ils étaient bien rouillés.
N'avaient-ils même jamais été ouverts?

Puis la dame poussa la porte, l'ouvrit largement.
Marie pouvait la franchir avec son âme d'adulte.
La dame lui montra un terrain où rien ne poussait.
Elle lui montra les plates-bandes piétinées, les profonds sillons,
Une terre profondément meurtrie.

Mais Marie cherchait du regard une autre porte.
La dame la lui désigna. Marie la reconnut immédiatement.
Abandonnant son âme d'adulte, elle en passa le seuil,
Accompagnée de sa seule âme d'enfant,
Sur la pointe des pieds.

Elle se retrouva dans un superbe jardin, aux lignes épurées.
Elle prêta l'oreille. D'où venait cette petite musique si douce ?
Ce pouvait-il que personne n'ait jamais pénétré dans ce Jardin Secret.

C'est alors qu'elle vit des traces de pas. Des pas d'enfants.
Elle les suivit avec mille précautions et arriva devant une fontaine à l'eau si claire, si pure,

qu'elle en fut toute émerveillée.

Elle resta là, sans bouger. Attentive. Les mots de la dame se confondaient avec le
frémissement de l'eau vive.

C'est alors qu'elle remarqua cette lumière extraordinaire,
Cette Lumière si belle, si rare, unique, dont elle connaissait le juste Nom.

Merci à vous, qui vous y reconnaissez.

Marie-Jeanne Maes

 

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Le Tournesol

 

 

Il était une fois une femme qui prenait soin d'une église
Comme d'autres s'occupent de leur maison,
Se chargeant des mille et une choses qui font la beauté d'un lieu.
Et l'église, ravie de tant de sollicitude,
Au fil du temps prit l'habitude de guetter le pas de la femme.

Et puis un jour elle ne vint pas.
Ni les jours suivants.
Alors l'église retenait son souffle.
Sur son lit d'hôpital la femme menait un combat silencieux
Oh, elle était bien entourée!
Mais la bataille n'en était pas moins rude.

Et puis un jour la femme se vit offrir un tournesol.
Assise dans son fauteuil, elle le regardait distraitement,
Quand dans la pénombre de sa chambre
Elle le vit se tourner tout doucement
Vers un petit rayon de soleil rentrant par la fenêtre.
Alors tout doucement son corps malade
Se penchant vers la lumière, la femme se mit à sourire.

Le sourire de la femme grimpa dans le rayon de soleil.
Sautant par la fenêtre, il se mit à danser dans la lumière
Escaladant les toits, courant le long des rues
Jusqu'à l'église qui le reconnut de suite.
Toute joyeuse, la belle demeure reprenait son souffle
Et s'est remise doucement à espérer
Le pas de la femme.

Marie-Jeanne Maes

 

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Etoiles

 

 

Il était une fois une petite fille qui s’est trouvée au départ de la route de la
Vie avec au cœur une blessure si profonde comme on en rencontre
Dans le cœur du vieillard à l’arrivée de la route de la Vie.

 

Et ce ne pouvait être qu’un vieillard et ce fût un vieillard qui lui tendit la main.
Chacun était à un bout de la route et il s’est produit le miracle de l’abolition
De l’espace temps.

 

La petite fille a vu de suite les étoiles qui brillaient dans les yeux du vieillard.
Le vieillard a vu les mêmes étoiles dans le regard de la petite fille.
Chacun a vu les étoiles de l’autre et ils ont commencé à marcher ensemble.

 

La petite fille marchait comme une petite fille et comme un vieillard
Et le vieillard marchait comme un vieillard et comme une petite fille.
Sur le chemin de la Vie. Il était le maître du temps.

 

Le vieillard connaissait la Source de la Vie. Il connaissait la Porte qui menait
Dans le Jardin Extraordinaire. Il y pénétrait grâce à elle et elle y pénétrait grâce
A lui. Ils y mettaient une telle joie et ils étaient tellement respectueux des lieux.

 

La petite fille croyait que le vieillard en était le Roi et elle la Princesse.
Le vieillard ne lui enseignait pas le savoir des hommes.
Il lui enseignait l’espièglerie comme un art.

 

Le cœur du vieillard était ouvert jusqu’à l’âme.
La petite fille s’y voyait comme dans un miroir.
Elle était belle.

 

Le pas du vieillard devenait plus lent.
Le pas de la petite fille devenait plus rapide.
Elle commençait à lui lâcher la main.

 

Il n’avait pas d’amertume dans le regard.
Son sourire se voulait rassurant son cœur saignait.
Il restait là à l’attendre.

 

Las d’attendre il finit par rejoindre les étoiles.

 

Et cette poussière d’étoiles sous les pas de l’enfant ?

 

C’est leur secret.

 

Marie-Jeanne Maes

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Qui a mangé le petit conte du temps ?

Je vais vous raconter le voyage que j’ai fait.

 

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Il était une fois un petit conte qui racontait  le temps.

D’après la rumeur
Quelqu’un est venu.

Il paraît qu’il l’a humé
Ensuite goûté,
Puis avalé.

Ce que l’on sait
C’est que du petit conte du temps
Il ne restait

Rien.

Si, une virgule
Qu’une souris s’est empressée de grignoter.

Puis est arrivée la mouche.
On ne l’attendait pas.

On lui dit :
« Tu t’es trompée d’écrit ! »

*Non, répond la mouche
*Je suis ici pour raisons personnelles.

C’est effectivement une autre histoire.
Où est-ce la même ?

Ce qui est sûr, c’est que le conte du temps fut restitué.

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Pour arrêter l’élève dans sa fuite dérisoire le Maître lui dit :

Alors que le livre était ouvert devant lui, le roi vit une araignée qui avançait
sur la tranche du livre.
Sur les pages du livre se trouvait une mouche.
L’araignée était sûrement à la poursuite de la mouche.
Alors que l’araignée avançait vers la mouche, le vent se leva
et fit tourner la page du livre.
* L’araignée ne put atteindre la mouche et rebroussa chemin *

 

Alors vous pensez peut-être que je vais tout vous expliquer et que vous allez comprendre ?

Le 06.12.00 jour de Saint Nicolas

 

Marie-Jeanne Maes

 

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Espérance de Noël     

 

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Il y avait une fois au Royaume des Fées
Une Reine d’une très grande beauté.
Sa longue chevelure dorée, ainsi que sa robe tissée d’or
Etaient parsemées de pierres précieuses.
Avec sa baguette magique de Reine des Fées,
Elle était la seule à pouvoir tout transformer en or.
Les Fées, ses sujets, étaient à l’écoute de ses moindres désirs.
Elles la chérissaient et prenaient grand soin d’elle.
Mais sur son trône en or, la très belle Reine se sentait bien seule.
Jusqu’au jour où une Fée, essoufflée, accourut brandissant un petit bout de papier.
La Fée du protocole avait sa tête des mauvais jours.
Etait-ce «des manières » de se présenter ainsi devant la Reine.
Mais la petite Fée criait tout excitée : « Un poème, un poème ! »
La Reine intriguée, se pencha en avant, soudain attentive.
Alors, la jeune Fée se mit à lire d’une voix mélodieuse.
Et la musique des mots fit même frissonner de plaisir
Les voilages d’or de la grande salle du trône.
La Reine, ravie, ferma les yeux, dégustant chaque syllabe.
Elle ne se lassait pas de l’écouter jusqu’à le savoir par cœur.
Questionnant la petite Fée sur la provenance de ce poème charmeur,
Elle apprit que le vent, venant de la terre, l’avait déposé devant le palais.
La Reine voulut savoir si tous les habitants de la terre étaient des poètes,
Mais aucune Fée ne sut lui répondre.
Alors elle décréta qu’elle se rendrait elle-même sur la terre
Pour y trouver la réponse et écouter d’autres poèmes.
Les Fées, catastrophées, voulaient toutes l’accompagner pour la protéger,
Elles, qui l’avaient toujours soigneusement préservée de tout,
N’ignoraient pas combien le monde des humains regorgeait de dangers.
Mais la Reine ne voulut rien entendre. Elle irait seule. Il restait à lui obéir.
Il faisait nuit quand elle arriva sur terre, et les rues étaient désertes.
Seul un vieil homme, recroquevillé sous un tas de journaux et cartons,
Somnolait sous le porche d’un immeuble.
Faisant fi de l’étiquette et du protocole du palais, elle s’adressa à lui :

« Bonsoir, Monsieur, permettez-moi de vous demander si vous êtes poète.
Je me présente, je suis la Reine des fées. »

L’homme ouvrit un œil, il y avait bien longtemps que plus rien ne l’étonnait.

« Si tu savais comme je m’en fous, en tout cas tu es drôlement bien sapée.
Et moi je me présente, je suis le roi des SDF. »

Il partit d’un grand éclat de rire, se rendit compte qu’il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas ri ainsi.

« SDF cela devait vouloir dire «sans diamants ni fils d’or »

Se dit la Reine, lui proposant de changer ses habits en or.

« Cause toujours ma belle, rien ne t’empêche d’essayer ! » il riait toujours.

La Reine effleura le vieil homme de sa baguette magique,
Transformant ses habits en or, les parsema de pierres précieuses.
Incrédule, le SDF se gratta la tête, ce qui eut comme effet de faire
Tomber quelques diamants, qui se mirent aussitôt à briller
De mille feux sous la lumière du réverbère tout proche.
L’homme se hasarda à faire quelques pas dans ses chaussures en or,
Puis se rassit par terre, perplexe. Son imagination lui jouait-elle des tours?
Il regardait la Reine des Fées comme s’il la découvrait seulement maintenant.
Son regard allait de ses habits en or à la Fée, visiblement il réfléchissait.
Soudain il parut soulagé. Sa décision était prise.

« Si tu es vraiment une fée, alors rends-moi mes vieux habits,
Vois-tu, je suis trop vieux pour tout ce tralala.
Tout ce que je veux, c’est qu’on me laisse en paix. Merci quand même ! »

Il retrouva instantanément ses anciens vêtements.
La Reine se baissa, ramassa les diamants tombés par terre, les tendit
Au vieillard qui les serra sur son cœur : «Je les garderai en souvenir de toi» dit-il,
Avec une petite larme au coin de l’œil.

« Si tu cherches un poète, alors regarde là haut. Vois-tu la fenêtre éclairée?
La lumière reste souvent allumée toute la nuit.
Pour trouver ton poète, c’est très simple.
Tu prends l’escalier à droite, tu montes. Quand tu apercevras de la lumière
Filtrer sous la porte, tu sauras que tu es arrivée. »

La Reine prit l’escalier que lui avait indiqué le vieillard.
L’escalier était étroit, elle avait du mal à avancer avec sa longue robe en fils d’or.
Arrivée à la porte éclairée, elle frappa. La porte s’ouvrit comme si on l’attendait.

« Bonsoir, je me présente : Je suis la Reine des Fées. Etes-vous poète. »
« Je vis dans mes rêves et j’essaie de survivre très modestement de ma plume. »

En guise de plume il lui désigna un petit écran allumé parsemé de lettres.

« J’écris sur mon ordinateur et quand la solitude me pèse de trop, je me connecte
sur Internet et je suis en contact avec le monde entier. »

Intriguée la reine voulut voir à travers cette lucarne magique qu’elle ne connaissait pas.
Il lui montra le site « Ecrits…vains » où il n’y avait que des poètes.
Soudain elle vit un gros homme en rouge gigoter sur l’écran.
Elle regardait fascinée. Elle en avait oublié les poèmes.

« Ce n’est rien, c’est de la pub, c’est Noël, et le Père Noël fait vendre. »

Dit le poète agacé.
Noël ?
Les Fées, ses sujets, en avaient toujours parlé à voix basse.

« De la concurrence » s’étaient-elles bornées à marmonner.

Elle était bien décidée à en savoir plus.
Elle remercia le poète pour son accueil et proposa de transformer son ordinateur
En or. « Surtout pas ! s’écria-t-il, c’est mon outil de travail! »
Alors elle choisit la plume dont il ne se servait plus.
L’idée ravit le poète. Il garderait la plume en or en souvenir d’elle.
Avant de le quitter, elle posa la question qui lui tenait à cœur:«C’est quoi, Noël?»

« C’est un jour que je déteste. » dit le poète,.
«  Ce n’est pas à un solitaire comme moi, qu’il faut demander cela.
« Voyez- vous la fenêtre en face? Là où brillent les petites lampes.
« Ces gens là fêtent Noël!»

Elle se promit d’aller voir de plus près.
Quand elle arriva devant la porte qui correspondait à la fenêtre,
Indiquée par le poète, elle la trouva entrouverte.
Elle entra sur la pointe des pieds et eut juste le temps de se cacher derrière
Un grand arbre qui n’arrêtait pas de clignoter dans un coin du salon.
La pièce lui paraissait bien petite comparée à une pièce de son palais.
Et en plus les humains y avaient planté un arbre. Drôle d’idée.
Deux enfants couraient partout en poussant des petits cris.
Ils avaient l’air bien excités. Une femme et un homme se tenaient près de l’arbre.
Certainement les parents des enfants énervés.
Eux aussi poussaient des grands cris :

« Oh ! Regardez ce que le père Noël vous a apporté !. »

La Reine des Fées, elle aussi, sentait l’énervement la gagner.
Ce père Noël, décidément, commençait à l’agacer.
Les fées avaient raison, c’était un concurrent redoutable.
Elle toucha de sa baguette magique deux petits paquets cadeaux,
Transformant leur contenu en or.
Il allait voir ce qu’il allait voir, ce Père Noël.
Les enfants commençaient à déballer leurs cadeaux.
Ils étaient de plus en plus excités.
Le petit garçon ouvrait justement le paquet que la fée avait touché.
Et il se mit à pleurer très fort. Du paquet surgit une voiture en or.
Non, il n’avait pas commandé cela, elle ne roulait même pas.
Il voulait une voiture téléguidée. Point.
La petite fille, elle aussi se mit à hurler. Du paquet tombait un ours en or.

« Il n’est même pas articulé, il ne parle pas, il n’y pas de piles ! »

La Reine était perplexe. Les parents encore bien plus. C’était bien de l’or.
- Demain, c’est promis, les enfants pourront choisir ce qu’ils voudront !-
Phrase magique qui arrêta les pleurs.
Le père ramassa ces singuliers jouets et partit les cacher au fond d’une armoire.
L’Or, dans sa famille, «on ne le laissait pas traîner »
En revenant, il passa si près de l’arbre qu’il buta dans une petite crèche.
Il en tomba un sujet ressemblant à un nouveau-né,
Que la Fée, avec toute cette agitation, n’avait même pas remarqué.
Les enfants se précipitaient, le ramassaient et lui administraient de gros baisers
Sonores sur sa poitrine nue, avant de le reposer délicatement dans la crèche.
Sur ce, toute la famille prit le chemin de la cuisine pour le petit déjeuner.
La fée restée seule, s’approcha, intriguée par ce petit nouveau-né en plâtre.
Elle se mit à genoux pour mieux le voir. Il était si petit.
Il l’interpella directement dans son cœur : « Bonjour, Reine des Fées »
Surprise, elle dut constater que seul son cœur avait perçu ces mots.

« Vous me connaissez ? Qui êtes-vous? »
« Je suis l’enfant qui renaît à chaque Noël au fond de ton cœur »
« Quel est votre nom?»
« L’Espérance »
« L’Espérance? Vous ne parlez qu’a travers votre cœur,
  Voulez-vous que je le transforme en or ! »
« Mon cœur contient quelque chose de plus précieux que l’or. »
« Dites-moi ce qui est plus précieux que l’or. »
« L’Amour »

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C’est Noël !
Dans la rue, en bas de l’immeuble, s’est formé un attroupement.
Les gens arrivent de partout.
Il paraît que des Fées, oui, oui, des Fées, cherchent leur Reine parmi les humains.
Personne ne remarque la femme, vêtue très simplement.
Celle qui a choisi de suivre un enfant.
Sur le chemin de l’Espérance.
Même les fées ne les ont pas vus.
Il est vrai que le chemin de l’Amour est un chemin intérieur.

 

Conte de Marie-Jeanne MAES

 

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Le Sourire

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Dans un long séjour il y avait une chambre

Avec un lit, une table de nuit et un fauteuil.

Une très vieille dame y était assise,

Attachée pour ne pas tomber.

 

Elle gardait les yeux clos,

Il y avait bien longtemps qu'ils ne voyaient plus.

A quoi bon guetter les bruits,

Il y avait bien longtemps qu'elle ne les percevait plus.

 

Une visiteuse est entrée dans la chambre.

S'est arrêtée près du fauteuil, s'est accroupie.

Doucement elle a posé la main sur le bras de la vieille dame,

Un toucher presque imperceptible, un toucher de l'âme.

 

"Entre, mon enfant, sois la bienvenue",

Dit l'âme de la vieille dame, qui l'avait reconnue.

"Je ne peux pas, tu es si loin" répond la main de la visiteuse.

"C'est normal, mon enfant, mon vieux corps est si usé,

"Si fatigué, je m'apprêtais à partir, tu vois !."

 

La main serre le bras, supplie:

"Un petit pas, juste un petit pas en arrière, reste encore un peu!"

Alors jaillit du fond de l'âme de la vieille dame

Un sourire de vie, lumineux, très beau.

Il envahit le visage tout entier.

 

L'infirmière entre, s'arrête surprise.

La visiteuse de malades sort sur la pointe des pieds.

Elle sait combien ses pas résonnent dans l'âme de la vieille dame.

Mais dans son âme à elle, brûle toujours la petite flamme du sourire.

 

Flamme de vie, flamme d'espérance.

 

Marie-Jeanne MAES

 

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