
Marybé quitte sa Belgique pour Montréal, où
elle réside actuellement. |
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Sur mes blessures d'été, je poserai le souffle de mes lèvres Pour colmater l'hémorragie de la douleur des jours. De ma main orpheline, je dessinerai sur le sable rouge Le profil d'un visage aux traits flous et trompeurs. De mon doigt endeuillé je suivrai l'épineuse rupture Les lettres d'un prénom caché au secret de l'absence. Moi seule connaîtrai la signification de ces graphiques étranges. À la dérobée, j'essuierai l'eau salée gisant à mes paupières brûlantes ; À mes tempes affolées, des bruissements lancinants de tristesses ivres Des échos de serments avortés aux murmures de promesses fantômes; Enterrées au profond des sillons de ma gorge noueuse S'étrangleront des vagues de sanglots aux grandes voiles blanches, Inertes et meurtries, Prisonnières muettes de souvenirs trop lourds. Marybé 1998
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Laissant une terre nue en attente de labour. En attente de printemps, En attente de semailles, D'une saison de soleil bercée d'ondées de pluie. Cette terre aux entrailles informes et somnolentes Se réveille en douceur sous le souffle printanier, S'étire d'un long sommeil par des bâillements de rides, Habitats nourriciers de sillons en rangées, Où, jour après jour, la vie naîtra du ventre des semences. Terre force tranquille et rassurante, Riche de tant d'efforts, tu te soumets Pour répondre au geste du laboureur Tu anoblis ses sens et vivifies son âme, Couleur d'espérance, tu es son avenir et ses fleurs de chances. Terre fertile, promesse d'abondance, Tu es son blason aux armes de légitime fierté Tu es le précieux patrimoine de celui qui te laboure, t'ensemence, t'arrose et t'enrichit. Terre et Homme, pris au piège d'une passion intense Depuis toujours unis d'un amour viscéral. Marybé 1997
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Cruelle solitude denfance Personne à qui se confier Conflits et mésententes Au menu de chaque journée
Puis à suivi ladolescence Et sa quête de liberté Etranges sentiments dimpuissance Devant ce monde à intégrer
Sous le blouson de cuir noir Bat un coeur tendre de seize ans Au rythme du désespoir Quelle fait fuir en se droguant.
Jai croisé Mélinda, ce soir En fugue, loin de son quartier Flot de détresse dans son regard Que faire pour len délivrer ?
Mélinda, je voudrais te donner Lamour que tu nas jamais eu Jaimerais tant pouvoir taider Mais dis-moi le veux-tu ?
Je ne te dirai pas quoi faire Cest à toi de décider Mais à deux nous saurons reconnaître Les pièges quil te faudra éviter
Mélinda, viens et prend ma main Marchons ensemble vers lavenir Le bonheur est pour demain Vois, déjà le soleil brille. Marybé
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| La maison de mon enfance | ||
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Chère maison, chaude et vivante Écrin précieux Des années douces de mon enfance Des jours heureux
Un toit percé de deux lucarnes Soyeuse dentelle aux fenêtres Décor magique rempli de charme Confort invitant au bien-être
Lenfant que jétais alors Changeait le maison en palais Rempli de richesses et dor De fées joyeuses et de farfadets
Jétais princesse des lieux Avec les lutins, mes frères Je partageais tous les jeux Jétais heureuse et tellement fière
Près de ceux dont jétais lenfant Sous leur regard plein de tendresse Je grandissais en développant Tout ce quil y avait en moi de richesses
Il pleut sur la maison de mon enfance Mon beau palais de contes de fées Violé par une inscription immense À vendre et à visiter
Ainsi en a décidé la vie Mes parents vont se séparer Serait ce que je nai pas été gentille? Lenfance soudain sen est allée
Adieu, ma maison, mon palais Sais-tu combien je taimais? Écrin précieux Des années douces de mon enfance Des jours heureux
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Quand un enfant s'éteint... |
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Je m'en veux d'être là dans ce lieu de silence Loin des murs trop blancs où s'éteint un enfant Je m'en veux d'être là perdue dans ce silence Et de ne pas savoir trouver les mots qu'il faut Pour implorer ce dieu que l'on dit juste et bon Comme une rafale aux échos de colère Je n'ai que la révolte qui se pousse sur mes lèvres Et ma détresse se brûle aux flammes des lampions Témoins de foi ardente en ce dieu que l'on dit juste et bon Qu'a-t-il fait cet enfant aux yeux remplis de fièvre Quelle faute a-t-il commise ? Qu'a-t-il fait pour être emporté si loin de ceux qu'il aime ? Pour se voir retirer l'insouciance des jeux Quelle faute a-t-il commise Pour qu'éclate en éclats la couleur de ses rêves ? Quelle faute a-t-il commise Pour être emmuré au creux de sa douleur ? Marybé
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Mon enfant dans son silence... |
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Je voudrais tant percer le mur de ton silence Pouvoir te rejoindre là où est ton chemin Partager tes pensées et entrer dans tes songes. Je voudrais tant sentir tout ce que tu sens Entendre tout ce que tu entends Je voudrais tant voir tout ce que tu vois Rire aux mêmes joies Frémir aux mêmes peurs Chanter juste pour toi Les plus belles chansons Qui mêleraient leur rythme au rythme de ton coeur Je voudrais tant voir se glisser sur le coin de tes lèvres Lesquisse dun sourire, Un signe de bonheur. Mon enfant, mon petit, Sens tu combien je taime ? Je voudrais tant que mon âme sapaise dans lacceptation de ta différence Je voudrais tant que ma tendresse si grande Puisse te réchauffer au profond de ton cur. Marybé Novembre 1996
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