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Marybé

 

Marybé quitte sa Belgique pour Montréal, où   elle  réside  actuellement.
Attentive à la famille, à l'amitié, l'amour, elle n'hésite  pas à  parler   avec
tendresse de l'enfance( Mon enfant dans son silence ), avec amertume
de l'inconnu absent, avec joie de la  terre , de  la  mer, des   saisons  qui
rythment son bonheur ; on a l'impression qu'elle veut tout nous dire avec des fleurs et aussi de la musique qui  harmonise  certains de  ses  textes, c'est la grande fête des mots, une vraie féérie.
Laissons-lui la parole pour simplement résumer le  style  vivant  de   son oeuvre :
" les mots sont comme des fleurs,  ils ont  des couleurs, des ombres, des lumières,des  musiques. Et si la  grâce d'un  bouquet tient dans l'heureux mariage  des  diverses  fleurs  qui  le composent,  à son image, le poème révèle sa  beauté et offre  le rythme de sa musique par le choix judicieux des mots qui l'habitent ".

 

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Blessures d'été

 

 

Sur mes blessures d'été, je poserai le souffle de mes lèvres

Pour colmater l'hémorragie de la douleur des jours.

De ma main orpheline, je dessinerai sur le sable rouge

Le profil d'un visage aux traits flous et trompeurs.

De mon doigt endeuillé je suivrai l'épineuse rupture

Les lettres d'un prénom caché au secret de l'absence.

Moi seule connaîtrai la signification de ces graphiques étranges.

À la dérobée, j'essuierai l'eau salée gisant à mes paupières brûlantes ;

À mes tempes affolées, des bruissements lancinants de tristesses ivres

Des échos de serments avortés aux murmures de promesses fantômes;

Enterrées au profond des sillons de ma gorge noueuse

S'étrangleront des vagues de sanglots aux grandes voiles blanches,

Inertes et meurtries,

Prisonnières muettes de souvenirs trop lourds.

 

Marybé 1998

 


 

 

Hommage à la terre


 

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L'hiver a déserté emportant sa froidure

Laissant une terre nue en attente de labour.

En attente de printemps,

En attente de semailles,

D'une saison de soleil bercée d'ondées de pluie.

Cette terre aux entrailles informes et somnolentes

Se réveille en douceur sous le souffle printanier,

S'étire d'un long sommeil par des bâillements de rides,

Habitats nourriciers de sillons en rangées,

Où, jour après jour, la vie naîtra du ventre des semences.

Terre force tranquille et rassurante,

Riche de tant d'efforts, tu te soumets

Pour répondre au geste du laboureur

Tu anoblis ses sens et vivifies son âme,

Couleur d'espérance, tu es son avenir et ses fleurs de chances.

Terre fertile, promesse d'abondance,

Tu es son blason aux armes de légitime fierté

Tu es le précieux patrimoine de celui qui te laboure,

t'ensemence, t'arrose et t'enrichit.

Terre et Homme, pris au piège d'une passion intense

Depuis toujours unis d'un amour viscéral.

 

                                                                              Marybé 1997

 


 

 

 

 

     En mal d'amour


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Cruelle solitude d’enfance

Personne à qui se confier

Conflits et mésententes

Au menu de chaque journée

 

Puis à suivi l’adolescence

Et sa quête de liberté

Etranges sentiments d’impuissance

Devant ce monde à intégrer

 

Sous le blouson de cuir noir

Bat un coeur tendre de seize ans

Au rythme du désespoir

Qu’elle fait fuir en se droguant.

 

J’ai croisé Mélinda, ce soir

En fugue, loin de son quartier

Flot de détresse dans son regard

Que faire pour l’en délivrer ?

 

Mélinda, je voudrais te donner

L’amour que tu n’as jamais eu

J’aimerais tant pouvoir t’aider

Mais dis-moi le veux-tu ?

 

Je ne te dirai pas quoi faire

C’est à toi de décider

Mais à deux nous saurons reconnaître

Les pièges qu’il te faudra éviter

 

Mélinda, viens et prend ma main

Marchons ensemble vers l’avenir

Le bonheur est pour demain

Vois, déjà le soleil brille.

                                       Marybé

 


 


La maison de mon enfance

 

 

 

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Chère maison, chaude et vivante

Écrin précieux

Des années douces de mon enfance

Des jours heureux


Un toit percé de deux lucarnes

Soyeuse dentelle aux fenêtres

Décor magique rempli de charme

Confort invitant au bien-être


L’enfant que j’étais alors

Changeait le maison en palais

Rempli de richesses et d’or

De fées joyeuses et de farfadets


J’étais princesse des lieux

Avec les lutins, mes frères

Je partageais tous les jeux

J’étais heureuse et tellement fière


Près de ceux dont j’étais l’enfant

Sous leur regard plein de tendresse

Je grandissais en développant

Tout ce qu’il y avait en moi de richesses


Il pleut sur la maison de mon enfance

Mon beau palais de contes de fées

Violé par une inscription immense

À vendre et à visiter


Ainsi en a décidé la vie

Mes parents vont se séparer

Serait ce que je n’ai pas été gentille?

L’enfance soudain s’en est allée


Adieu, ma maison, mon palais

Sais-tu combien je t’aimais?

Écrin précieux

Des années douces de mon enfance

Des jours heureux


Marybé

 


 

 

 

 

Quand un enfant s'éteint...

 

 

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Je m'en veux d'être là dans ce lieu de silence

Loin des murs trop blancs où s'éteint un enfant

Je m'en veux d'être là perdue dans ce silence

Et de ne pas savoir trouver les mots qu'il faut

Pour implorer ce dieu que l'on dit juste et bon

Comme une rafale aux échos de colère

Je n'ai que la révolte qui se pousse sur mes lèvres

Et ma détresse se brûle aux flammes des lampions

Témoins de foi ardente en ce dieu que l'on dit juste et bon

Qu'a-t-il fait cet enfant aux yeux remplis de fièvre

Quelle faute a-t-il commise ?

Qu'a-t-il fait pour être emporté si loin de ceux qu'il aime ?

Pour se voir retirer l'insouciance des jeux

Quelle faute a-t-il commise

Pour qu'éclate en éclats la couleur de ses rêves ?

Quelle faute a-t-il commise

Pour être emmuré au creux de sa douleur ?

Marybé

 


 

 

Mon enfant dans son silence...

 

 

 

 

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Je voudrais tant percer le mur de ton silence

Pouvoir te rejoindre là où est ton chemin

Partager tes pensées et entrer dans tes songes.

Je voudrais tant sentir tout ce que tu sens

Entendre tout ce que tu entends

Je voudrais tant voir tout ce que tu vois

Rire aux mêmes joies

Frémir aux mêmes peurs

Chanter juste pour toi

Les plus belles chansons

Qui mêleraient leur rythme au rythme de

ton coeur

Je voudrais tant voir se glisser sur le coin de

tes lèvres

L’esquisse d’un sourire,

Un signe de bonheur.

Mon enfant, mon petit,

Sens tu combien je t’aime ?

Je voudrais tant que mon âme s’apaise

dans l’acceptation de ta différence

Je voudrais tant que ma tendresse si grande

Puisse te réchauffer au profond de ton cœur.

 Marybé

Novembre 1996

 


 

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