| Pier de Lune chante ici le mystère de
l'inconscient avec sa nostalgie du temps, ses rêves d'étoiles, ses yeux pleins d'océan,
l'amour en fuite derrière une fenêtre brouillée d'amertume... Ce ne sont pas des rêves dont j'écoute le murmure
infime et lointain, ce sont des souvenirs : un beau visage,
une scène de théâtre encadré de rideaux longs,
de longs cheveux, les traits parfaits, un paysage.
Xavier Bordes
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Inconscience
Dans ton port il est un bateau
vieilli, décati,las d'attendre
il largue ses amarres, maître à bord
le temps déploie ses hautes voiles
Toi, du quai tu le regardes partir
impuissant, les bras ballants
sans un geste pour le retenir
mirage des jours heureux
sa précieuse cargaison dans les cales
ce marinier vogue sur des eaux sombres
semant au hasard désirs et souvenances
recueillis dans chaque port
Toi, l'inconscient, le laisser-passer,
tu oublies que ce maître-voilier, insatiable
engloutit même les plus beaux souvenirs
laminant son sillage d'écumes vagues
Pier de Lune (août 2001)
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L'Écho
Vagabonde, sous d'autres cieux
ni meilleurs ni plus beaux
dernières erres grevées
de blessures amères.
Et...revenir, recommencer
tenir encor et encor
debout la tête haute
en escaladant des rêves
Mon chant lancinant demeure
l'écho, d'une Muse obstinée
celui de l'Étrangère
rêvassant d'amours imaginaires.
oh! que d'amours étoilées, rêvées!
Mon unique bonheur est un large trou
- rêveuse, j'égrène dans ma voie lactée
des vents. Mon visage est la Grande-Ourse,
- des étoiles irisées me chantent
Je les écoute..., assise au bord des océans
des grands fleuves de décembre
où je sens des sommets de désespérance
à mon front moite comme un temps de froideur;
où, rimant au milieu des chants nébuleux
je tire les sons de mes amour blessées
et, de mes sentiments délirants
je filandre des rêves inachevés.
Pier de Lune (décembre 2001)
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Derrière
une fenêtre...
Derrière une fenêtre, la solitaire
confie ses rêves à la lune,
Remuée par tant de soupirs,
la dame blanche dépose les derniers désirs
de l'esseulée sur des dentelles de nuages.
Balayés par les vents,
ballotés de rivage en rivage
ils iront s'éteindre
au pied de l'amant.
Derrière une fenêtre, le solitaire
replié sur lui-même
frissonne, dévasté par l'angoisse.
Ses mains remontent vers ses lèvres
et dessinent lentement l'ombre
des lèvres amoureuses sur les siennes.
Derrière des fenêtres les amants solitaires
charriés par des vagues de conventions,
dérivent dans un monde qui
a oublié le verbe aimer.
Sur la fenêtre des sillons
s'entrelaçent. Il pleut des larmes,
de solitude amère.
Pier de Lune (janvier 2002)
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