Silvaine
Arabo fait partie de ces auteurs contemporains qui n'éffacent pas d'un trait de plume
la mémoire des anciens, ceux qui nous ont donné le secret de l'écriture ; en
témoignent tous les articles qu'elle nous a offerts dans Poésie d'hier et d'aujourd'hui. |
Ils ont en eux cette immobilité de la pierre
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C'était un oiseau Silvaine Arabo
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I L'eau s'échappait des pourrissoirs.Dans la rue, des gangrènes d'arbres se suspendent à ma robe.J'espère en un lointain avenir. Ma mère morte ressemble à un Ange de Vinci.On dirait une jeune fille. Comme si la mort avait le pouvoir de libérer la quintessence de l'être. Une jeune fille ou un oiseau.Le poids d'un oiseau sur le drap. La camarde en moi longtemps sommeilla. A la fête des beaux garçons je l'ai remisée au clou. Mon coeur est tanné comme le cuir des vieux marins. C'est dans la ville qu'à tâtons les aveugles retrouvent leur chemin.Mon imagerie est pleine de roses : d'Orient, de Hongrie, du désert ; on y confectionne des parfums, vendus très cher. Même dans les foires. J'ai l'oeil qui témoigne d'une histoire personnelle, parfaitement anonyme.Dans les ruelles du désir,j'interroge de vieux bonzes dont le sourire énigmatique est la seule réponse: je me demande s'ils se sont baignés dans le Gange,s'ils ont contemplé les fjords,là-bas,dans une Norvège d'autrefois, avec ses aurores boréales,les plis de ses déserts,et,tout au fond,la chapelle intérieure. Pauvre errance! Chat de gouttière sous la pluie,tu mimes encore tes destins,et leur donnes ce Poli des ans, que n'a jamais renié Son Verbe.
Silvaine Arabo
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